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Partir en mission humanitaire, ça se prépare

© Chaunu

Aider l’autre, c’est évidemment louable. À condition de bien s’y prendre. Nos conseils.

Pourquoi partir ?

Volonté d’aider vraiment ou se donner bonne conscience ? Avant de partir en Afrique pour y creuser des puits, s’intéresser à ce qui se passe dans sa propre ville devrait être le premier réflexe. « Quand on reçoit un CV, on regarde ce que la personne a déjà fait ici, en France », insiste Annick Balocco, directrice de l’ONG Médair France.

Avec quelle association ?

Il faut s’informer sur la structure. « Je m’inquiéterais s’il s’agit d’une petite association dont personne ne parle ou qui n’est pas référencée », met en garde Annick Balocco. Première vérification : se renseigner sur son financement. « S’il y a des donateurs institutionnels, l’ONG doit rendre des comptes. C’est un gage de confiance », assure Fabienne Laurenzio-Ray, infirmière qui a exercé dans de nombreux pays. Des plates-formes comme l’Asah (Association au service de l’humanitaire) et le réseau Coordination sud permettent de s’assurer de leur fiabilité.

Dans quel cadre ?

Pour un engagement court (congés d’été par exemple), rejoindre un chantier de travail est une bonne entrée en matière (solidaritesjeunesses.org, en France et à l’étranger). Pour les missions longues, hors de nos frontières, le postulant devient Volontaire de solidarité internationale (VSI). Ce statut assure une couverture sociale et une indemnité à condition de s’engager pour un an minimum et que l’organisation soit agréée par le ministère des Affaires étrangères.

Préparation

« On se rend compte tout de suite si on a affaire à quelqu’un de marqué par un événement », décrypte Annick Balocco. Partir ne s’improvise pas sous le coup de l’émotion, a fortiori dans une zone sensible. L’humanitaire tend à se professionnaliser. Medair par exemple organise sa propre formation, obligatoire, qu’a suivie Fabienne Laurenzio-Ray. « Cette semaine m’en a appris un minimum sur le contexte, mais aussi sur l’ONG et ceux qui la gèrent. » À noter que la maîtrise de l’anglais est indispensable.

Une fois sur place

Les pires réflexes : vouloir imposer sa propre culture et imaginer qu’on va tout régler d’un coup… « Je pars toujours avec l’idée qu’il y aura des désillusions, résume Fabienne Laurenzio-Ray. Mais, même dans les pires situations, la population locale a des ressources. L’ignorer est une atteinte à la dignité des personnes et c’est aussi la certitude d’aller de frustration en frustration. »

Attention au retour

Après un an ou plus passé dans une zone sinistrée, retrouver son petit confort peut faire naître un sentiment de culpabilité. « La détresse qu’on a vue peut engendrer de la souffrance », reconnaît Annick Balocco. L’important est de savoir que la mission se poursuit. « À la fin de mes contrats, quelqu’un m’a toujours remplacée, pour que les services continuent. »

Charles GUYARD.

L’article intégral dans Ouest France
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