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Papouasie-Nouvelle-Guinée : un conflit tribal pour l’hôpital de Kompian

 L’hôpital rural de Kompiam en Papouasie-Nouvelle-Guinée se trouve au bout d’une route. Tout le nord est inaccessible, sauf en marchant ou en volant. L’hôpital supervise cinq centres de santé et quatre postes d’aide médicale dans les régions éloignées du nord. Le Docteur David Mills y travaille depuis 2000. Il est accompagné de son épouse Karina et de ses quatre enfants. Il doit aussi faire face au conflit entre les tribus.

Qu’est-ce qui vous a amené dans cet endroit éloigné ?

Je viens d’Australie, d’où viennent toutes les bonnes choses. Je suis venu comme étudiant en médecine en 1993. C’était donc ma première expérience de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Puis je suis revenu en 1997 avec ma femme. En 1999, nous sommes venus juste pour aider un médecin. Mais c’est alors que nous avons décidé de revenir à Kompiam et nous y sommes définitivement depuis 2000.

S’agit-il d’un engagement à long terme
ou connaissez-vous la date de retour ?

Non, nous n’avons jamais eu de date de fin. Nous prenons chaque année comme elle vient. Nous pourrions terminer demain ou ils pourraient nous enterrer ici. Je ne sais pas.

Vous faites des tournées pour visiter les centres de santé et les postes d’aide. En combinant le trekking et le vol. Combien de fois faites-vous cela ?

Cela dépend beaucoup de la qualité de notre personnel. Si nous avons assez de médecins, alors l’un de nous peut le faire tous les mois ou deux mois. Pour les vols avec la MAF, nous dépensons ce que nous avons. Pour nous, c’est un conflit entre nos ressources limitées et les immenses besoins. Mais si nous avions plus de financement, nos opérations seraient totalement différentes. En effet la MAF pourrait emmener davantage de patients. Nous pourrions visiter les postes médicaux avancés chaque fois que nécessaire. Et cela nous permettrait d’emmener en avion plus de matériel.

 

Qu’elles sont les plus grands sujets de joie dans votre travail ?

C’est difficile de répondre. Les joies et les frustrations, il y en a tous les jours. Mais si vous pouvez amener quelqu’un de la brousse, le soulager. Ou alors délivrer un bébé, çà, par exemple, c’est une chose très satisfaisante.

C’est aussi de s’impliquer avec les villageois, régler leurs problèmes, comme aujourd’hui. Nous allons sur la montagne pour essayer de régler un conflit tribal qui risque de dégénérer en combat.

Parlez-moi du conflit tribal qui se déroule actuellement. Cela affecte-t-il l’hôpital ?

Ce groupe ici à Kompiam est en conflit avec les hommes de cette montagne. Donc, vous avez une situation où les gens qui se font blesser ici peuvent venir à l’hôpital. Mais ceux qui sont là-bas ne peuvent pas venir parce que c’est un territoire ennemi. Ils commencent donc à être frustrés et à dire que ce n’est pas juste. « Vous recevez de l’aide et nous, non ». La réponse est donc de venir détruire l’hôpital. Tout le monde sera ainsi sur le même pied d’égalité.

C’est la raison pour laquelle nous allons y aller aujourd’hui. Nous allons essayer de les aider autant que possible.


Comment la MAF appuie-t-elle votre travail ici ?

En ce moment, nous construisons un logement pour l’un de nos agents de santé à Megau. Nous avons transporté par avion une maison en kit. Deux vols ont suffi, les avions de la MAF ont tout transporté.

Nos centres de santé sont répartis partout et ils sont reliés par avion. Il n’y a pas de route au-delà de Kompiam. Alors vous devez soit marcher, soit voler. Pour amener un patient ici, ils doivent construire une sorte de civière. Ensuite, il faut transporter la personne, et cela peut prendre jusqu’à trois jours dans certains cas. Ou alors, ils emmènent le patient jusqu’à une piste d’atterrissage. Là ils demandent de l’aide par radio et organisent le vol.

Dans cette partie du monde, c’est soit marcher, soit voler avec l’avion de la MAF.

– Interview réalisé par LuAnne Cadd –

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