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Communiqué ASAH du 25/03/2022

Le point géopolitique par Joseph Roche

État de la situation au 25/03/22 – Guerre en Ukraine

Après presque un mois de combats, nous assistons à un ralentissement de l’armée russe. À Kyiv et dans le nord-est, on assisterait à des contre-offensives ukrainiennes (Boutcha-Irpin et Mila) et deux localités auraient été reconquises. Le maire de Kyiv Vitali Klitschko a assuré que le moral ukrainien était au plus haut. La fuite de civils est de moins en moins importante et on pourrait s’attendre à un long siège couplé de guerre urbaine sanglante pour l’armée russe. 

Dans le Donbass, Marioupol a refusé l’ultimatum russe. La ville est tenue par le régiment Azov (3000-5000 hommes), l’armée ukrainienne et les forces territoriales. Il est difficile de donner un pronostic sur l’évolution potentielle de la situation. La prise de Marioupol serait néanmoins un revers important pour l’armée ukrainienne et le début d’une attaque sur la ville d’Odessa. Permettant à Poutine de relier le Donbass à la Transnistrie. 

Au Sud, la 58e armée russe est à l’arrêt. À Kherson et Melitopol, la garde nationale russe maintient l’ordre face à de nombreuses manifestations. 

Depuis le début de la guerre, la Russie n’a toujours pas réussi à maîtriser l’espace aérien ukrainien. Si la flotte aérienne ukrainienne a été quasiment réduite à néant, nous témoignons une remarquable utilisation ukrainienne des drones TB2 qui causent de lourdes pertes russes. 

Le journal russe Komsomolskaïa Pravda a estimé les pertes, depuis le début du conflit, à 9 861 morts et 16 153 blessés. De nombreux doutes subsistent néanmoins sur la véracité de ces chiffres. Les chiffres ukrainiens ne sont pas communiqués, mais pourraient s’élever à 2/3 des pertes russes. 

D’un point de vue méta géopolitique, les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale (Ouzbékistan, Kirghizstan, Tadjikistan Kazakhstan) ont refusé de s’engager dans le conflit et en profitent pour se distancer de Moscou. Loukachenko en Biélorusse semble encore hésitant à attaquer (armée mal équipée ; réticence de la population ; sanctions occidentales) le nord-ouest de l’Ukraine. En conclusion, le retrait de Poutine semble improbable et nous risquons d’assister à un long enlisement de l’armée russe. L’usage systémique de rampe de missiles thermobarique (utilisées à Grozny et Erbil) et même d’arme chimique, pour débloquer la situation, est à craindre. 

Auteur du point géopolitique : Joseph Roche, fondateur de Confluences Internationales et Logistics Officer – Ukraine pour ASAH

Le point humanitaire 

Zoom sur l’ONG MEDAIR

Medair travaille en étroite collaboration avec les organisations locales et les autorités civiles en Pologne et en Ukraine, afin d’assurer la coordination et de renforcer les initiatives existantes.

Pologne

Le poste frontière le plus fréquenté est celui de Medyka et Medair s’est associée à la mairie de Przemysl, à 13 km de Medyka, pour gérer un grand centre d’hébergement dans un ancien centre commercial. Les Ukrainiens qui arrivent à la gare de Przemysl peuvent, s’ils le souhaitent, se rendre au centre commercial (des navettes sont organisées) après avoir bénéficié d’un repas chaud, avoir reçu une carte SIM et un nombre d’informations clés. Medair participe à l’organisation des bénévoles et traducteurs qui interviennent dans le centre, qui a une capacité de 5 000 lits. 

Les personnes fuyant l’Ukraine sont exposées au risque de trafic et d’exploitation des êtres humains. Notre équipe produit du matériel de protection en ukrainien et met en place des mesures pour s’assurer que les réfugiés connaissent leurs droits en matière de logement et d’emploi, pour éviter qu’ils ne partent avec des inconnus et pour qu’ils sachent vers qui se tourner en cas de besoin spécifique.

Ukraine

Les villes de l’ouest de l’Ukraine se remplissent de personnes fuyant les zones de conflit. Dans le même temps, les chaînes d’approvisionnement dans le pays ne fonctionnent pas et les stocks d’articles essentiels diminuent. Medair a établi des opérations sur le terrain dans cinq villes cruciales et a actuellement recruté 25 membres du personnel local, dont des logisticiens, des ingénieurs et des coordinateurs de projet.

Les bureaux opérationnels sont situés à Ivano-Frankivsk, Lutsk, Ternopil, Rivne, Vinnytsia et Khmelnytskyi. Le soutien pour les activités liées à l’approvisionnement et à la chaîne d’approvisionnement sera assuré par notre bureau central de réponse à Rzeszow, en Pologne.

En plus d’identifier les besoins en articles de secours essentiels, notamment les médicaments, les articles ménagers et les équipements médicaux, l’équipe ukrainienne procède à des évaluations des infrastructures civiles, notamment les hôpitaux et les systèmes d’approvisionnement en eau. Là où les marchés locaux fonctionnent, l’aide sera distribuée de préférence en espèces.

Medair lance des activités de soutien psychosocial avec plus de 20 psychologues et agents de santé mentale à Vinnytsia (Ukraine) avec le soutien d’ARQ (une organisation néerlandaise spécialisée dans les traumatismes de guerre). Une formation aux premiers secours psychologiques est dispensée au personnel, et des responsables de projets psychosociaux sont actuellement recrutés.

La reconnaissance au milieu de la tempête

Zoom sur Écouter l’Enfant

C’est avec des larmes dans les yeux que la directrice du centre Source de vie a vu arriver l’aide de la part de La Gerbe et d’Écouter l’Enfant, ce dimanche 20 mars à 4h du matin : 2 groupes électrogènes, matelas pour les réfugiés, produits d’hygiène et de santé, denrées alimentaires, … Elle remercie tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce projet.

La municipalité lui a envoyé un plan d’évacuation vers l’étranger, utile si les combats venaient à se rapprocher ou si les autorités ukrainiennes l’exigeaient.

Le point international des conséquences de la guerre en Ukraine

Zoom sur SUUR NUGU

Les partenaires de l’association Suur Nugu au Burkina ont partagé des nouvelles préoccupantes concernant les impacts de la guerre en Ukraine. Les conséquences tant économiques que comportementales sont déjà terribles. Le collectif ASAH souhaite participer à éveiller les consciences.

Certains donateurs européens réorientent leurs dons vers la crise ukrainienne malgré leurs engagements. Pourtant, le besoin ne faiblit pas, au contraire, il augmente du fait de la hausse du cours du blé. Les prix des denrées alimentaires montent drastiquement, limitant les programmes actuels. Une pénurie des denrées de base comme le blé ou le riz est à craindre. La saison a été mauvaise par manque de pluie, les attaques terroristes empêchent l’agriculture, et les flux d’approvisionnement d’importation étant réattribués là aussi.

Le retrait des militaires internationaux en zones rebelles et le manque d’action du nouveau gouvernement pour le moment ne ralentit pas les attaques terroristes au nord et est du pays, et l’afflux de réfugiés vers Ouagadougou.

Il est primordial de soutenir le pays ukrainien dans la crise qu’il traverse, mais vital de ne pas oublier les autres crises et les autres pays. Ne nous désengageons pas des pays que nous soutenons habituellement. La crise ukrainienne nous demande un effort supplémentaire mais ne vient pas annuler et remplacer les autres engagements.

Accéder au communiqué précédent.

Accès à la page Ukraine du collectif ASAH.

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